SDRIF Ile-de-France : Marne-la-Vallée rayée de la carte

17 mai

Le schéma directeur de la région d’Île-de-France (SDRIF) est un document d’urbanisme et d’aménagement du territoire qui définit une politique à l’échelle de la région Île-de-France. Il vise à contrôler la croissance urbaine et démographique, ainsi que l’utilisation de l’espace, tout en garantissant le rayonnement international de la région. Il préconise des actions pour :

  • Corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la région ;
  • Coordonner l’offre de déplacement ;
  • Préserver les zones rurales et naturelles.

L’Île-de-France est la seule région dans laquelle la loi SRU de 2000 a maintenu une planification à l’échelle de la région, le schéma directeur de la région Île-de-France.

Le SDRIF conditionne ainsi :

  • le schéma de cohérence territoriale (SCoT), qui affine ces principes au niveau d’un territoire      intercommunal  (Scot de Brosse-Marne-et Gondoire) ;
  • le plan local d’urbanisme de la ville qui  détermine, pour chaque propriété, les règles d’urbanisme ;

A l’occasion de l’enquête publique du SDRIF qui s’est achevée le 14 mai,  comment ne pas s’élever se sont élevés contre bon nombre de dispositions et d’oublis dont voici un résumé :

  1. Insuffisante prise en compte de Marne-la-Vallée comme territoire d’ensemble : comment ne pas rappeler  notre attachement à Marne-la-Vallée en tant qu’espace stratégique unitaire et regretter l’éclatement en 2 entités distinctes, d’un côté les secteurs 1 et 2 bénéficiant largement de la dynamique du Grand Paris, de l’autre Val d’Europe, pôle de centralité en développement ? Et entre les deux, la "coupure d’urbanisation" du Val de Bussy. Interrogeons-nous ainsi sur le "difficile positionnement économique du secteur du Val de Bussy", la viabilité de l’agriculture urbaine  défendue par la CAMG et questionnons  le projet de développement du secteur 3 de MLV, tel que valorisé dans le SDRIF.
  2. La Croix Blanche ( secteur en lisière de Collégien et Bussy) : l’Epamarne  et le Ville de Bussy Saint-Georges, l’ajout de pastilles d’"urbanisation préférentielle" sur le secteur de la Croix Blanche. L’Epamarne rappelle les objectifs de la TOL (Territorialisation des Objectifs de Logements) qui s’imposent à notre ville et l’avis favorable émis par son Conseil d’Administration sur le projet de Croix Blanche et les demandes de rédaction qu’elle avait proposées pour le PLU de BSG et le SCOT de MBG.  Ce qui légitime une urbanisation du secteur.
  3. La ligne C, oubliée par le SDRIF : la ligne C "Torcy-Bussy-Chessy" et la ligne "Torcy – Chessy"  soit  deux oublis majeurs.  La prise en compte de ces projets de TCSP ( transport en commun en site propre)  structurants dans les cartes du SDRIF est indispensable. La ligne C est jugée "d’une importance capitale" pour l’Epamarne, tant pour désengorger le RER A que pour desservir les nouveaux quartiers d’habitation tels que le Sycomore.  De plus, les projets de TCSP sont liés les uns aux autres : l’oubli de la ligne C entraînera des répercutions sur les lignes de transports annexes telles que Noisy-Esbly ; il est donc important de les réaliser en parallèle.
  4. Le diffuseur autoroutier du Sycomore et de la Rucherie sur Bussy, ignoré par le SDRIF : l’Epamarne et la municipalité déplorent l’ "absence de représentation graphique des franchissements de la A4 à hauteur de Bussy-St-Georges", alors que les textes du SDRIF les mentionnent…
  5. Absence d’indication d’itinéraire à requalifier concernant l’A4 au sud/sud-est de Bussy-Saint-Georges : l’Epamarne indique qu’ "il est demandé l’aménagement de ces tronçons pour pallier à leur saturation".

Ajoutons :

        1/ sur l’absence d’indication de l’itinéraire A4 à requalifier dans la carte de destination générale du SDRIF,

        2/ l’absence d’une 5ème pastille ouverte à l’urbanisation pour le Sycomore,

        3/ la confusion ( volontaire ?) sur certaines  ZAC (représentation de certaines parcelles en agricoles).

 

 ….Inquiétant et guère ambitieux

 

D’une interco géante subie à un Grand Marne-la-Vallée voulu par tous

7 mai

 

La majorité des habitants de la planète vit désormais en ville. Mégapoles, mégalopoles, métropoles, autant de dénominations pour des réalités différentes mais qui posent toutes, à des degrés divers, la question du développement urbain durable.

Dans le même temps, la mondialisation constitue un phénomène qui déplace les centres de décision, délocalise les productions, intensifie les flux et les échanges, brasse les populations. Le modèle urbain européen présente un très fort potentiel mais il est aussi confronté à des contradictions fortes, avec la coexistence de grandes richesses et de pauvretés croissantes, dans un contexte économique de crise.

En ce début de 21ème siècle, l’approche «locale-globale », la démarche « penser globalement, agir localement » et le fonctionnement en réseau sont donc des clefs pour l’évolution et l’aménagement des territoires. L’Île-de-France et la métropole francilienne se doivent donc de se doter d’une stratégie de développement durable, bien articulée aux différentes échelles de territoire.

Ces défis, qui se posent pour la Métropole de Paris émergente, sont de plusieurs natures et appellent une vision partagée de ce que doit être  dès aujourd’hui le Grand Marne-la-Vallée de demain : attractif, inventif, généreux et ouverte sur le monde.

 

Or les modalités actuelles de la gouvernance et le cadre institutionnel  de notre territoire n’aident pas à relever ces défis.

Voir billet (http://pensermlv.com/2013/04/02/comment-des-lors-envisager-une-reorganisation-institutionnelle-a-lheure-du-grand-paris/)

Le statu quo est impossible sur Marne-la-Vallée comme sur l’ensemble de l’aire dense inhérente au Grand Paris. La métropole parisienne est marquée par la présence de nombreux acteurs institutionnels dont les interventions sont souvent imbriquées. Sur le territoire de l’unité urbaine, au sens de l’INSEE, les 10,3 millions d’habitants de l’agglomération sont répartis sur 412 communes, réunies en 114 intercommunalités, au sein des 8 départements que compte l’Île-de-France.

Si l’on y ajoute la structuration intercommunale récente et rapide sur le territoire de Marne-la-Vallée, les outils de coopération nombreux, mais aux périmètres d’intervention divers, on mesure la singularité de la structuration institutionnelle de notre secteur dont la seule identification régionale et nationale reste Marne-la-Vallée ( qui connaît la CAMG au-delà de la Gondoire ? qui connaît le SAN Val d’Europe passé les travées de la Vallée Village ? ). Cette variété des modes d’intervention publique constitue d’ailleurs une richesse pour l’expertise, les centres de décision et de ressources, et la démocratie, mais un sérieux frein en matière de développement et de maîtrise locale des politiques publiques structurantes.

Dans ce paysage recomposé,  le Grand Marne-la-Vallée doit être  un acteur nouveau et un lieu inédit, qui réunit les collectivités territoriales de manière coopérative. Par ses pratiques innovantes et en assumant les contradictions du réel,  l’ensemble peut dessiner au sein de la métropole de nouveaux rapports au pouvoir et participe de la recomposition de la gouvernance.

Voir billet (http://pensermlv.com/2013/03/14/le-grand-paris-prelude-dun-grand-marne-la-vallee/)

C’est pourquoi nous devons nous organiser  autour de la nécessité de travailler ensemble pour aborder du local au global les politiques publiques, pour surmonter la difficulté due à la multiplicité des moyens comme des lieux de décision.

L’expérience acquise et reconnue par les acteurs de Marne-la-Vallée, à partir des collectivités membres, constitue un élément de poids dans les premiers jalons d’une évolution de la gouvernance en relation avec le projet que  chacun entend construire pour nos territoires, faire valoir un nouveau mode de développement, construire une attractivité qui s’appuie sur la qualité de vie avec des dynamiques économiques bien ancrées localement et attentives au devenir des territoires et des hommes et des femmes qui y vivent.

 

Economie, logement, transports, culture, le travail coopératif commence maintenant !

Voir billet (http://pensermlv.com/2013/04/18/du-feuilleton-costco-a-une-agence-de-developpement-economique-pour-mlv/)

Il est urgent de mettre en place entre les différentes agglos et collectivités de Marne-la-Vallée une méthode de travail coopérative, une mise en dialogue où chacun compte à égalité, où s’expriment et se croisent les points de vue, où se frottent les contradictions et les questionnements, depuis tous les territoires, de centralité comme de « périphérie », valorisés ou « en difficulté ». Ne pas se cantonner aux identités respectives mais parler projets pour mieux positionner chaque entité.  Chaque collectivité est porteuse d’atouts et d’expériences locales à partir desquels peut se construire le Marne-la-Vallée de l’après-Grand Paris. Cela nous permet de revisiter les problématiques, avec une pluralité de regards et d’aborder  des pistes de réponses nouvelles : méthode innovante pour des propositions nécessairement innovantes.

La question n’est pas seulement institutionnelle. En s’attachant  dès aujourd’hui aux grands enjeux auxquels les habitants et les territoires seront confrontés  demain (logement, transports, emploi, inclusion sociale, etc.) nous devons, avec cette approche originale, travailler déjà à la gouvernance de demain.

Voir billet (http://pensermlv.com/2013/04/29/un-grand-marne-la-vallee-pour-reussir-le-grand-paris-du-logement/ )

 

Construire un grand Marne-la-Vallée polycentrique  au sein d’un Grand Paris multipolaire en plaçant les territoires au coeur  pour une  entité inclusive, il faut qu’il existe un droit à la centralité pour tous et en tous points du territoire métropolitain. Concentré d’inégalités, la  territoire est riche aussi d’opportunités, de talents, de synergies possibles, de dynamiques nouvelles. Aucun des  entités qui la composent ne doit être délaissé. Il nous faut penser le développement à partir des projets de chacun des territoires dans leur diversité. En effet, le développement durable ne saurait s’accommoder d’une excellence économique circonscrite, qui laisserait de côté des lieux relégués.

La vision radioconcentrique de l’agglomération parisienne a vécu . Les relations Paris-banlieue ont évolué vers des coopérations. Il s’agit maintenant de mettre en cohérence des pôles de centralité multiples  afin de rompre avec les processus de relégation des populations toujours plus loin du coeur de l’agglomération.  

Voir billet (http://pensermlv.com/2013/03/16/des-communes-des-intercos-fortes-des-poles-urbains-dexcellence-un-grand-paris/)

De nouvelles centralités sont apparues en petite et en grande couronnes, certaines institutionnelles, d’autres à partir de mutations économiques et urbaines. Beaucoup sont le résultat de politiques locales de développement territorial volontaristes, notamment avec la création d’intercommunalités qui concernent aujourd’hui 83% des communes franciliennes (73% des habitants).

Articuler la polycentralité

Comme pour la gouvernance de la métropole, celle du Grand Marne-la-Vallée  aura à acter un devenir polycentrique, tout en l’articulant. Car on ne saurait miser sur un effet « locomotive » de quelques territoires sur toute la métropole, ni laisser s’installer de nouvelles zones oubliées dans les espaces entre les pôles de développement. A travers la multipolarité, il s’agit de permettre le droit à la centralité pour tous, un droit à appartenir à un territoire qui compte.

Faire la métropole nécessite d’agir globalement, à partir de tous les territoires, et pour cela, de renforcer des espaces de coopération et de cohérence.  Pour réussir demain à exister au sein du  Grand Paris  nous devons dès maintenant rechercher une combinaison optimale entre dynamiques territoriales et cohésion d’ensemble, dans le respect de la diversité des approches, travailler pour une mise en cohérence des politiques publiques structurantes pour  penser et appliquer la fusion des intercommunalités sur Marne-la-Vallée à notre avantage avant qu’elle nous ne nous soit imposé à notre désavantage.

 

Comment les décideurs peuvent encore nier ces réalités quand le citoyen les vit au quotidien ? Marne-la-Vallée  se définit par ses pratiques. Il est devenu courant qu’un habitant de Bussy travaille à Lagny, consomme à Serris  et se déplace à Torcy pour ses loisirs, ses études ou sa santé.

Non seulement ce citoyen vit les différentes facettes du territoire, mais il est à la fois, selon son activité, habitant, travailleur, usager du Grand Marne-la-Vallée. Il s’agit de permettre qu’au lieu d’une série de contraintes pesant sur la vie quotidienne du plus grand nombre, soient créées les conditions d’une  institution qui ne soit plus subie. Les pouvoirs publics doivent être en mesure de proposer des politiques cohérentes facilitant cette vie en réseau, et une participation aux processus d’une gouvernance prenant en compte cette complexité nouvelle.

C’est la condition d’émergence d’une identité partagée.

Il est nécessaire de construire aujourd’hui avec les citoyens, par un large débat public, un modèle de gouvernance où ils aient toute leur place afin de passer d’une  grande interco subie à  un grand Marne-la-Vallée voulu par tous.

Un SDRIF pour quoi faire ?

6 mai

 

Le schéma directeur de la région d’Île-de-France ou SDRIF est un document d’urbanisme et d’aménagement du territoire qui définit une politique à l’échelle de la région Île-de-France. Il vise à contrôler la croissance urbaine et démographique ainsi que l’utilisation de l’espace, tout en garantissant le rayonnement international de la région. Il préconise des actions pour :

  • corriger les disparités spatiales, sociales et économiques de la région ;
  • coordonner l’offre de déplacement ;
  • préserver les zones rurales et naturelles.

L’Île-de-France est la seule région dans laquelle la loi SRU de 2000 a maintenu une planification à l’échelle de la région, le schéma directeur de la région Île-de-France.

La rencontre « Île-de-France 2030 » du 27 mars 2013 a permis d’échanger ensemble sur les objectifs et les projets portés dans le projet de Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF), document stratégique pour le devenir du territoire régional.

Depuis le 28 mars, l’enquête publique est l’occasion de formuler vos observations sur ce projet d’aménagement et de développement durable pour l’Île-de-France. Initialement prévue jusqu’au 30 avril, elle est prolongée jusqu’au 14 mai pour permettre à tous de s’informer et de s’exprimer sur le projet.

Pour répondre aux enjeux de demain, la Région Île-de-France, en association avec l’Etat, le CESER, en partenariat avec les départements franciliens, les chambres consulaires et en concertation avec toutes les collectivités territoriales et la société civile, a élaboré un projet d’aménagement et de développement durable. Le Conseil régional a arrêté ce document d’aménagement et d’urbanisme le 25 octobre 2012.

Jusqu’au 14 mai, vous pouvez vous informer sur le projet et participer dans le cadre de l’enquête publique :

> Consultez le dossier d’enquête publique et déposez vos observations dans les 29 lieux d’enquête franciliens (nouvelles dates de permanence en ligne) : Cliquer ICI

> Participez en ligne en vous connectant sur le site de l’enquête publique du projet de SDRIF : www.enquetespubliques.iledefrance.fr/lenquete-publique-sur-le-sdrif

Depuis le 28 mars, l’enquête publique est l’occasion de formuler vos observations sur ce projet d’aménagement et de développement durable pour l’Île-de-France. Initialement prévue jusqu’au 30 avril, elle est prolongée jusqu’au 14 mai pour permettre à tous de s’informer et de s’exprimer sur le projet. Et il y a de quoi dire…

En matière de logement

  • Il est couramment admis qu’il faut construire de nouvelles habitations mais qu’il convient de définir où et comment les construire. Or, sur ce SDRIF point de zonage précis, des arbitrages remis à plus tard et bien trop d’inconnues notamment pour notre zone qui ne pourra aller au-delà des objectifs déjà fixés.
  • Il n’est pas possible pour les maires d’accueillir de nouvelles populations sans développement économique, source d’emplois pour les habitants et de ressources pour les communes. Pourtant comme le SCOT, ce schéma direct pêche en la matière…
  • A défaut, on accentuerait les difficultés de déplacements et l’obérerait les budgets des communes les moins favorisées.

En matière de développement économique

  • Le constat de nombreuses disparités est avéré. Alors que le SDRIF de 1994 fixait un taux d’emploi de proximité de 0,8 (au lieu de 0,66), aujourd’hui le taux d’emploi a baissé de manière alarmante.
  • Les raisons de cette baisse sont connues : hors la crise, malthusianisme dans l’offre des terrains, formation insuffisante, transport déficient.
  • Les entreprises qui s’installent dans notre région le font davantage à l’Ouest de Paris.
  • Il convient de faciliter techniquement la réalisation de surfaces d’activités nécessaires dans notre département.
  • Il convient d’améliorer et de faciliter le transport routier afin de désenclaver les territoires et de leur permettre de devenir attractifs pour les entreprises.
  • Il convient d’abandonner la notion de rééquilibrage à l’Est dénuée de toute concrétisation et d’impulser un développement de la région utilisant et valorisant le potentiel de toute la Seine-et-Marne.
  • Il faut que soit mise œuvre une politique de discrimination positive (en matière d’urbanisme, de formation, aides financières…) pour l’implantation d’entreprises et affirmer qu’il n’est pas possible que la Région continue d’aider de la même manière les entreprises qui s’installent à l’Ouest et à l’Est du territoire francilien.

 

En matière de transport

 

  • Le désenclavement des franges, l’accès à l’emploi des habitants, comme l’amplification des potentiels de développement économique requièrent des investissements leviers à destination de franges et notamment sur des doublons A4-A86 et A4-A104, …
  • Ceci permettrait à chaque habitant de nos 514 communes d’accéder plus aisément aux services et aux ressources de notre région.
  • Ceci permettrait, en outre, aux entreprises d’envisager une implantation sans craindre la paralysie.
  • Tout autre choix s’avérerait idéologique.
  • Enfin, il ne peut-être question d’abandonner l’idée d’infrastructures lourdes de transport en commune pour notre département qui en est trop faiblement doté.
  • La création des réserves foncières est nécessaire pour engager la programmation de la 4ème et 5ème rocade dans une perspective de 10 à 20 ans.

 

En matière d’environnement

 

  • La Seine-et-Marne est de longue date considérée comme le « poumon vert » de l’Ile-de-France.
  • Préserver notre agriculture, c’est aussi préserver notre capacité d’assurer des espaces verts de qualité et un avenir pour nos paysages si nécessaires à toute notre région.
  • Il serait dangereux de transformer ces espaces en « réserves pittoresques » et qu’il faut permettre à notre agriculture moderne, qui a besoin d’espace et de liberté, d’occuper toute sa place dans le débat sur le patrimoine naturel de notre département.
  • Lui refuser cette place, au motif qu’elle serait extensive, serait dramatique pour notre avenir et n’aboutirait qu’à satisfaire un lobby « vert » qui pour tout programme d’aménagement exige « le non aménagement ».
  • La Seine-et-Marne, ne peut seule accueillir les déchets produits par les autres départements franciliens.
  • Le secteur rural, tout en préservant sa qualité de vie, doit participer à l’essor économique qui passe forcément par des moyens de transport efficaces et des infrastructures routières appropriées.
  • L’affirmation d’un soutien fort au maintien de l’agriculture dans notre département, notamment par la gestion raisonnée des emprises destinées à l’urbanisation est indispensable.
  • L’élaboration d’un plan de développement d’équipements structurants, notamment sportifs, susceptibles avec le tourisme de créer les conditions de développement économique seine-et-marnais, est nécessaire.

 

En matière d’enseignement supérieur et de formation

 

  • La Seine-et-Marne demeure en queue du classement des départements en matière d’accès à l’enseignement public supérieur.
  • Une politique ambitieuse de déploiement des sites de Marne-la-Vallée, Val d’Europe est impérative.
  • Le maillage du territoire seine-et-marnais en matière de lycées généraux et professionnels doit être en adéquation avec l’évolution du département ainsi que la création d’internats. Que devient la politique d’internat d’excellence qui aurait pu être si porteuse pour Marne-la-Vallée ?
  • Le développement du Tourisme avec de grandes implantations locales doit être pris en compte dans le schéma régional des formations avec l’implantation de sections internationales en Seine-et-Marne
  • Les évolutions du bassin d’emplois seine-et-marnais doivent trouver des réponses dans le cadre du schéma régionale des formations.

Un Grand Marne-la-Vallée pour réussir le Grand Paris du logement

29 avr

La France détient depuis des années le triste record du nombre de ménages mal logés et du coût le plus élevé en Europe de la politique du logement: si on empile les aides à la pierre, celles à la personne (APL) et les défiscalisations successives (Robien, Borloo, Périssol, Scellier, Sarkozy…),  on arrive à 40 milliards d’euros par an, soit 2,2% du PIB, deux fois plus que la moyenne européenne.

Les chiffres globaux de construction de logements neufs, et notamment de logements sociaux, pour l’année 2012 sont tellement mauvais que le ministre compétent, Cécile Duflot, en retarde au maximum la parution. Il est probable que l’on aura construit moins de 100.000 logements aidés dans l’année: on n’aura pas fait aussi mal depuis 2007.

Il devient clair qu’avec les méthodes actuelles, l’objectif présidentiel de 500.000 logements nouveaux par an, dont 150.000 logements sociaux, n’a aucune chance d’être atteint, même si la baisse du taux de TVA sur la construction de logements sociaux, peut constituer un coup de fouet décisif.

L’échec du «modèle français» est patent et il est temps d’essayer autre chose. Quatre choses, plus précisément. Notre territoire peut-être un élément moteur s’il se structure à temps pour cela. Aujourd’hui, sur deux intercommunanalités, un SAN et une commune support unique agglomération nouvelle, une seule est en passe d eterminer l’élaboration d’un Plan Local de l’Habitat (PLH), schéma indispensable à la rationnalisation et la structuration des objectifs de logement territoriaux. Plus que jamais il est temps de penser les politiques publiques lourdes à l’échelle de Marne-la-Vallée. Le bassin de vie est une réalité, les déplacements, les mutations sociologiques intra-marne-la-vallée également, comment, dès lors que les objectifs gouvernementaux en application de la loi TOL et réaffirmés par le Grand Paris, nous priverons nous un outil global de régulation visant a assurer un équilibre global de l’habitat, permettant un parcours résidentiel à l’ensemble des habitants, évitant de voir à terme se crée des guettos de riches et des guettos de pauvres à deux quelques kilomètres d’écarts? Répartir l’effort en matière de constructions de logements sociaux et intermédiaires, harmoniser les constructions, mutualiser les objectifs, permettra d’équilibrer notre territoire au bénifice des villes et villages. Aujourd’hui comme demain, la question du logement ne peut plus se tariter indistinctement à Torcy et à Magny-le-hongre. Âprès demain, si Marne-la-Vallée n’est pas dotée d’une représentation politique et institutionnelle forte en la matière, le territorialisatio, le nombre et le taux de logements sociaux seront décidés ailleurs….Il est certes plus aisé de crier haro sur le baudet et prôner le fin de l’urbanisation de notre  secteur, rêver encore de pavillons bouygues ou caricaturer le logement social….

Par contre élargir la question du logement au territoire de Marne-la-vallée c’est se permettre de ré-inventer le logement collectif, gérer, anticiper et instituer une réelle équité entre les villes et les administrés, penser l’habitat, les transports, le cadre de vie…Nous avons la possibilité de territorialiser la question du logement pour ne plus la subir. Une grande agglo, interlocuteur unique, c’est la possibilité d’être un laboratoire d ela modernisation du logement social,  d’être l’interlocuteur unique pour le 1% logement quand tant d’actifs sur Marne-la-Vallée peinen tà trouver un logement adaptés à leurs besoins…C’est aussi est plus qua jamais la possibilité de peser de façon concrète face au gouvernement !

.Nous sommes décidément sous-dimensionnés face aux enjeux ! …Dotons nous d’un outils ambitieux et la décentralisation aura un sens.

1. Décentraliser intégralement la mise en oeuvre de la politique du logement social

Depuis 2005 et l’acte II de la décentralisation, les agglomérations dotées d’un Plan local pour l’habitat (PLH) peuvent recevoir de l’Etat délégation des aides à la pierre, c’est à dire attribuer les subventions aux HLM. Imaginons déjà la marge de manoeuvre qu’aurait une communauté d’agglomération unique sur notre territoire !

A partir du moment ou les PLH locaux et les plans d’urbanisme correspondants sont conformes aux grands objectifs de la politique nationale, notamment s’agissant du pourcentage de logements sociaux destinés à assurer la mixité sociale, toutes les agglomérations étant par ailleurs «Autorités organisatrices de transports urbains» pourraient accorder les aides aux logements sociaux et agréer les programmes retenus. Tout laisse à penser que les agglomérations ayant entre les mains les transports collectifs urbains, l’urbanisme et le logement social réussiront mieux que les ministères et les préfets….Tout ceci laisse songeur quand il est de bon ton de taper sur Epamarne faute de mieux…

L’Etat s’accroche désespérement à l’agrément HLM et, en un sens, les quelques subventions conservées sont là pour justifier l’intervention de ses services. Depuis belle lurette, la construction de logements sociaux est pourtant financée pour l’essentiel par des prêts de la Caisse des dépôts, adossés comme on sait sur une ressource abondante et pas trop chère, à savoir l’épargne des Français sur les livrets A. Les subventions étatiques ne jouent plus qu’un rôle marginal et on pourrait les supprimer sans inconvénient.

2. Considérer les loyers HLM comme des prestations sociales, fonction du revenu effectif

Paradoxalement, beaucoup trop de ménages sont éligibles aux logements sociaux: 55% en 1997, 68% en 2005. Il n’y a pourtant pas 68% de ménages défavorisés en France. Et cela n’empêche pas que les très pauvres sont logés à 80% dans le parc privé, c’est à dire le plus souvent dans des bâtiments vétustes, «exploités», parfois, par des marchands de sommeil.

Comme l’écart est important entre les loyers HLM et ceux du secteur libre (de 2 à 3 en 2010), les heureux bénéficiaires d’un logement social s’accrochent tant qu’ils peuvent à ces logements. Dès lors, le «taux de rotation» des habitants dans le parc HLM diminue tous les ans et est inférieur de 50% au taux constaté dans le secteur privé. Cette baisse du taux de rotation équivaut à environ 70.000 logements par an!

Plutôt que de stigmatiser les ménages dont les revenus augmentent en cours de vie professionnelle, en leur collant un beau jour un «surloyer» qui ressemble à une punition, aléatoire et injuste, et en raison du nombre de dérogations, légales ou pas, accordées, faisons comme les Belges. Les baux initiaux, tous sans exception, prévoiraient désormais, dès l’origine, une clause d’indexation sur les revenus effectifs du ménage, de telle sorte que le «taux d’effort» reste à peu près constant au cours du temps: de l’ordre de 20%, pour fixer un ordre de grandeur.

L’augmentation du loyer deviendrait ainsi douce et progressive. La marche d’escalier entre le social et le privé ne serait plus infranchissable et les ménages hésiteraient moins à passer, à un certain stade de leur vie, dans le secteur «libre», Ils  feraient ainsi de la place aux plus jeunes à revenus modérés et chargés de famille. Il est temps de considérer le parc de logements dans son ensemble et de raisonner en  termes de «parcours résidentiels». Un PLH à l’échelle de Marne-la-Vallée aurait ainsi plus jamais un sens…Un logement social rationnalisé, un logement intermédiaire pérennisé, c’est autant l’équilibres sociaux consolidés.

3. Confier aux autorités locales la gestion du «1% logement», rebaptisé «Action-Logement» en 2010, en le décentralisant

Personne ne sait très bien combien représente le 1% logement créé sous Pétain en 1943 ( et voui…), ni à qui appartient cet argent, ni à quoi il sert, même après la réforme de 2011.

Ce prélèvement, en réalité de 0,45%, sur les entreprises de plus de 50 salariés, rapporterait environ 1,8 milliard d’euros et les participations directes des Comités d’intervention logement (CIL) dans des sociétés immobilières environ 400 millions. Les remboursements des prêts consentis s’élèveraient à plus de 3 milliards d’euros par an; la compensation par l’Etat du relèvement du seuil de 20 à 50 salariés serait de 300 millions. Au total, on doit approcher les 5 milliards d’euros par an.

Il faut d’urgence territorialiser le «1% Logement», et la meilleure façon de le faire est encore d’en confier la gestion aux «Autorités locales organisatrices du logement», pour la mise en oeuvre de leur PLH. En contrepartie, naturellement, les employeurs de l’agglomération seraient associés à la définition des programmes de construction et pourraient bénéficier de réservations. Pourquoi se priver d’une telle opportunité ?

Cela dit, peut-on compter sur Cécile Duflot, ancienne salariée du groupement des «1% logement patronal», pour faire aboutir une réforme de ce genre?

4. Simplifier de façon drastique les règles de construction et d’urbanisme

Cette réforme doit être accomplie, non pas pour les beaux yeux des promoteurs, mais pour que les logements sortent de terre plus vite, en plus grande quantité, en respectant les volontés des élus en terme d’insertion urbaine, de démarche qualitative et de projet de territoire, et à un moindre coût.

Le précédent gouvernement avait décidé de façon un peu brutale d’augmenter de 30% les droits à construire dans les communes dotées d’un plan d’urbanisme. Cette mesure extrême, aussitôt abolie par le nouveau gouvernement, avait au moins le mérite d’augmenter les possibilités juridiques de construction, à défaut de pouvoir dénicher de nouveaux terrains constructibles vierges. Son application aurait permis de se faire une idée pratique de son incidence réelle, et le cas échéant de ses inconvénients.

La lourdeur du contentieux urbanistique et lié à la construction est aussi un facteur de renchérissement indéniable. 90% des contentieux débouchent sur des rejets et peuvent donc à bon droit être qualifiés de dilatoires. La plupart des maires et cadres du secteur pourront en témoigner…

François Hollande a d’ailleurs fait part de sa volonté de pénaliser financièrement ces recours et d’accélérer leur traitement.

Enfin, différentes strates de normes se sont empilées au fil des ans, avec le souci louable de protéger la santé publique, la biodiversité, de favoriser le développement durable, etc. Leur combinaison rend quasiment inconstructibles la plupart des emplacements urbains.

En décidant de traiter le sujet de l’allègement des normes techniques de la construction et de l’urbanisme par ordonnances, François Hollande a eu une idée très positive: mais il faudra faire vite, car les lobbies ne dorment que d’un oeil.

Du feuilleton Costco à une agence de développement économique pour MLV

18 avr

 Le  feuilleton est connu localement mais mérite un retour : Le premier magasin du géant américain des clubs d’entrepôts devait arriver à Bussy-Saint-Georges au plus tôt fin 2014.  Rappel des faits : Le septième distributeur mondial,  passe d’abord  le premier obstacle, le 9 octobre, quand la CDAC de Seine-et-Marne a autorisé le projet de Red Line, porté par Costco en partenariat avec Les Arches Métropole. Cet ensemble de 31 280 m² de surface de vente comprend un magasin entrepôt Costco de 11 370 m² et cinq moyennes surfaces spécialisées dans l’équipement de la maison, de la personne et en culture-loisirs.

Entre temps, quelques recours locaux, d’autres plus nationaux -orchestrés plus ou plus subtilement par le lobbie de la grande distribution-,  émergent et naturellement, la création de ce vaste ensemble commercial est  recalée le 26 février 2012 par la commission nationale d’aménagement commercial (CNAC), au motif qu’elle serait susceptible "d’aggraver les conditions de circulation routière" et que le magasin Costco "revêt un aspect architectural peu qualitatif", indique le document notifiant cette décision. Depuis les lois Grenelle, les CNAC ne peuvent plus statuer sur des motifs sociaux ou économiques : C’est donc la question des déplacements et de l’esthétique architecturale qui est donc pointés. Ainsi, prière de ne pas voir ici la main des Carrefour et autre casinos… Que le groupe  Costco affiche 15% à 20% de marge brute, quand celle des distributeurs traditionnels approche les 30 % n’a en rien penché dans la balance naturellement…. Costco fonctionne à marges réduites grâce à son concept d’entrepôt, une rotation des stocks rapide et des bénéfices essentiellement issus de la vente de la carte de membre.

Rien n’est perdu loin de là et comme déjà annoncé, les porteurs de projets vont déposer à nouveau un dossier en CDAC respectant les réserves posées en commission nationale selon un principe simple : puisque l’ensemble du concept commercial de plus de 30 000 m² semblait générer un trafic trop important, la proposition est renouvelée mais en deux étapes : Costco, dont le modèle inquiète apparemment  la grande distribution, avancera – dans un premier temps – tout seul. La surface consommée, à savoir 11 000 m², est inférieure à une surface commerciale style hypermarché classique, les réserves ont donc vocation à tomber…Le projet initial d’intégrer le magasin à un ensemble commercial plus vaste, dont un simulateur de chute libre – se fera donc en deux temps. Le projet complet serait ainsi concomitamment  à la livraison de l’échangeur routier du Genitoy sur l’A4.  Complexité de notre système plus baroque que jamais, le projet prendra tout de même un an de retard…

Néanmoins, l’épisode Costco appelle  quelques réflexions : les porteurs du projet l’ont reconnu, les réserves émises par la CNAC ont deux causes : le bas et le haut de l’échelle. Au bas, des recours déposés par des intérêts locaux ( dit  syndrome du village gaulois post périph)  ont pu créer des doutes sur l’adhésion territoriale au projet. Le haut de l’échelle, les lobbies de la grande distribution ont pesé de tout leur poids dans cette première décision.

Constat : par un mécanisme très franco-français :  Des millions d’euros d’investissements, près d’un millier d’emplois, l’émergence d’un site laboratoire ouvrant la voie vers un plan d’investissement decennal sur l’hexagone, se retrouvent en suspens entre comités Théodule, défense d’intérêts sectoriels, reflexes clochemerlesques et incurie technocratique….

Proposition : plus que jamais notre territoire, pour être entendu, doit s’orienter sur ses points forts et s’unir sur des projets. Le développement économique est la base, la rationalisation des politiques publiques à l’échelle de Marne-la-Vallée est un devoir, le regroupement des territoires est un horizon. Plaidons pour la création d’une agence de développement économique de Marne-la-Vallée. Regroupant les compétences en la matière des agglos du Val Maubuée, de la CAMG ( qui de toute façon agit peu en la matière…), du SAN Val d’Europe, de Bussy Saint-Georges, associée à la CCI et aux services de Seine-et-Marne Développement, cette instance pourrait peser fortement en terme de prospective et d’attractivité économique, placer les projets à l’échelle du territoire élargi et éviter toute perspectives concurrentielle, doter les communes d’identités et de projets économiques clairs, et répondre aux besoins et aux attentes des acteurs locaux comme des administrés.

Faute d’outils à la bonne échelle, sommes-nous condamnés à subir un spectacle tel ce nouvel hôpital gratifié d’un modeste programme estudiantin lié au médical côté Val d’Europe quand côté Marne-et-Gondoire continuent à fleurir les pâquerettes sur des champs interdits à toute urbanisation même porteuse d’emplois et  de développement ?  ( voir précédent billet http://pensermlv.com/2013/03/10/hopital-2-problemes-1-solution/) Devrons nous nous contenter en terme de développement économique de voir sortir de terre un énième hypermarché dont presque personne ne voulait ou assister à l’extension de la  Zac du Clos du Chêne, modèle suranné issu des année 90, dont la valeur ajoutée sur le territoire reste à   définir entre les centres de Bay 2 et du Val d’Europe…Devrons-nous continuer à voir fleurir les seuls programmes de bureaux destinés a être vides ou occupés par des groupes déjà présents sur le territoire ? Uni, Marne-la-Vallée peut faire plus, mieux, son identité est plus que jamais vecteur d’idées et de projets, nous pouvons être un laboratoire d’innovation, à condition de s’organiser. Réunir les compétences en matière de développement économique ne serait qu’une préfiguration des mouvements institutionnels à venir. Le projet doit précéder le cadre.

Comment envisager une réorganisation institutionnelle à l’heure du Grand Paris.

2 avr

1 – Un échelon communal réaffirmé aux compétences ventilées dans le cadre d’une consolidation intercommunale.

2 – Des départements supprimés et leurs compétences rebasculées sur les intercommunalités. Seule l’hypocrisie de cumulards attachés à leurs postes a pu maintenir un semblant de débat à ce sujet. Les Français ne sont pas « attachés » à leur conseil général, mais à leur département, entité Préfectorale qui n’a pas vocation à disparaître. A l’heure du cumul des mandats, d’une remise en cause patente des financements croisés, la question est tranchée. Du moins, pourquoi ne pas envisager cette seule suppression à l’échelle de l’Ile-de-France et de son Grand Paris. Après tout, A part la Seine-et-Marne, les départements Franciliens n’ont que 50 ans d’existence et sont le fruit d’une précédente loi cadre d’aménagement de la région capitale ( ah le programme des 3 M, Melun Montereau, Meaux et ses ravages architecturaux….).

3 – Une intercommunalité rénovée et renforcée par des regroupements d’échelle massifs. Sur notre secteur, comment ne pas envisager à terme l’union du Val d’Europe, de la Brie-Boisée  et de Marne-et-Gondoire (CAMG) d’une part, quand le Val Maubuée, la Brie Francilienne voire Chelles et son agglomération formeraient un ensemble cohérent, répondant aux critères du nouveau Grand Paris ? Ces intercommunalité, dotée avec la nouvelle réforme de compétences secondaires en matière d’aménagement et d’habitat (la métropole les récupère en compétence principale) pourront se substituer à feu le conseil général. Pour une meilleure lisibilité en matière d’action et pour permettre de clarifier les rôle de chaque intervenant, l’inscription de compétences optionnelles est à prescrire, comme la limitation drastique des compétences secondaires, et ce afin d’en finir avec la logique de « guichet » ou de « coup par coup » rarement gage d’action pérenne, directrice et prospective. Par contre, ces intercommunalités franciliennes, regroupées en ensembles d’au moins 200 000 habitants, devront enfin être dotées d’un socle de compétences obligatoires commun (développement économique, transports, petite enfance, emploi…) répondant enfin aux besoins de l’aire urbaine dense telle que désignée par ce nouveau Grand Paris.

4 – Une création de pôles urbains d’excellence. A la marge de la zone dense du Grand Paris, il s’agit de constituer, via le tissu urbain existant, des pôles urbains ceinturant le territoire du Grand Paris et constituant une zone tampon entre l’aire dense et les secteurs périurbains des franges régionales. Marne-la-Vallée, Sénart-Evry, Saclay, Saint-Quentin-en-Yvelines, Cergy-Pontoise, sont autant de zones clefs et laboratoires d’innovations pouvant accueillir,   les sites universitaires, économiques, les maillages de transports permettant d’assurer les équilibres essentiels entre Paris et l’Ile-de-France, autan de zones d’échanges et d’expérimentations à l’échelle extra-régionale. Comme quoi, les villes nouvelles ont encore un avenir !

5 – Un Conseil Régional repositionné sur ses compétences régaliennes (la culture, l’enseignement supérieur et les transports ne s’en porteront que mieux), intervenant au niveau du pôle urbain d’excellence dans le cadre de ses compétences principales, et se déployant hors de la zone du Grand Paris dans le cadre de l’aménagement, de l’habitat, de l’action rurale, sur les franges et les zones périurbaines qui en ont tant besoin !

L’acte III  de la décentralisation,  Jean-Pierre Bel fera-t-il le printemps ?

L’ Acte III de la décentralisation, envisagé, retoqué, repoussé par le gouvernement et finalement vendu à la découpe le 2 avril par le président du Sénat doit être un acte majeur comme celle de 1982, les lois Dufferre.  Une réforme peut-elle être enfin  prise pour "réformer" la France au niveau de la décentralisation ?

Commençons par les Régions, tout le monde, nous dit qu’elles sont "trop" petites par rapport aux régions européennes comme en Allemagne ou Espagne. FAUX, en matière de superficie, elles n’ont rien à prouver par rapport à celle de leur voisine allemande ou espagnole (Ex: Allemagne de 404.28 km2 à 70 551,57 km2, France: 376 km2 à 83 534 km2). Ce qui fait défaut, c’est leur budget. En effet, prenons l’exemple la région Ile de France  qui a un budget de 4, 4 650 000 € alors que le budget cumulé des 6 départements qui la compose  arrive à un total de 8  2 764 800 €.

Où est la logique ? C’est pour cela qu’il faut supprimer les départements comme collectivité territoriale. Les compétences des départements iront pour une partie aux régions et l’autre aux intercommunalités. Le mode de scrutin des régionales, pour la répartition des sièges, pourrait aussi changer soit comme aujourd’hui les départements ou par arrondissement, selon leurs populations. Si on veut des régions fortes dans une France forte (N’y voir aucune référence à un quelconque mouvement Umpiste ). Regardons avec un œil attentif à ce qui se passe en Alsace avec la collectivité territoriale unique. A l’heure de la Métropole, tentons l’expérimentation en Ile de France, supprimons les départements Franciliens pour édifier un maillage territorial cohérent, entre métropoles, grandes intercos et pôles urbains d’excellence !  Des strates cohérentes pour les enjeux présents et futurs pour des compétences clarifiées et efficaces, car lisibles.  

Les intercommunalités seraient levées au titre de collectivités territoriales élues par le mode de scrutin proposé pour les élections de 2014,  même si cela déplaît à certains maires qui craignent de voir leur opposition communale siège dans les instances communautaires, ce qui serait démocratique !!

Enfin, les communes garderaient leurs compétences générales sauf que le mode de scrutin proportionnel avec une prime majoritaire de 25% et non plus de 50% doit être généralisé (0 à 2 243 833 habitants)

6 – Le Grand Paris, une mauvaise nouvelle pour les régions?

17 mar

BILLET 6Oui, il faut défendre Paris. Cette thèse, évidemment, va à l’encontre de l’idée reçue selon laquelle on en fait trop pour la capitale. Cela a été vrai -"Paris et le désert français"-, mais la France a changé. Depuis plusieurs décennies, l’Etat a cherché à freiner la toute-puissance de la capitale pour développer nos régions. D’où la décentralisation. D’où le départ de grandes industries de Paris, à l’instar de l’usine Citroën de Rennes, par exemple. D’où l’essor de nos métropoles régionales, comme Lyon ou Nantes.

L’intérêt des régions est que Paris soit forte

Ce mouvement a été très positif, mais il est temps de penser différemment. C’est la thèse de trois livres récents et souvent remarquables, signés par trois excellents connaisseurs du territoire français -Jean Viard, Pierre Veltz  et Laurent Davezies . Trois livres qui ont beaucoup influencé les décisions annoncées par Jean-Marc Ayrault.

Que disent-ils? Que l’intérêt des régions françaises est que Paris soit forte.

Quand Eurodisney a décidé de créer un parc en Europe, il n’a pas hésité entre Paris/Marne-la-Vallée et le Jura ni même entre Paris et Bordeaux: il a balancé entre Paris et Barcelone. S’il n’avait pas choisi la région parisienne, ce n’est pas la province qui aurait gagné, c’est toute la France qui aurait perdu.  Quand on a compris cela, on comprend qu’aucune région française n’a intérêt à voir Paris sombrer. A condition, évidemment, que la richesse créée dans la capitale profite réellement à tous. Or, c’est possible. C’est possible si la France fonctionne vraiment comme "une ville dont le TGV serait le métro", pour reprendre la jolie formule du philosophe Michel Serres. Si notre pays se pense comme un seul territoire, une "métropole en réseau", selon l’expression de Pierre Veltz. Une métropole où la puissance de Paris se transmettrait aux métropoles régionales puis, de proche en proche, aux villes moyennes et aux campagnes. Prenons l’exemple de la région toulousaine. Pour aller bien, Montpellier a besoin de Paris. Si Montpellier va bien,  Béziers et Sète  iront bien. Et si  Béziers et Sète  vont bien, alors les campagnes du Bitterois et  les communes de l’étang de Thau iront bien. Tout est lié.

C’est pourquoi la réussite du Grand Paris n’est pas seulement un enjeu pour la région capitale, mais pour tout le pays. Car affaiblir Paris serait ralentir la locomotive de la France. Et rares sont les trains dont les wagons avancent plus vite que la locomotive…

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